QU’EST-CE QUE LE STEALTHING ?

Il y a quelque temps, un ami m’a envoyé un article sur le “stealthing”. Je ne savais pas du tout ce que c’était, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela m’a indigné. Je n’en avais jamais vraiment entendu parler et puis en lisant, je me suis rendue compte, comme un flash, que finalement, j’en avais été victime il y a quelques années, mais, à cette époque-là, je m’étais dit qu’après tout “ce n’était peut-être pas si grave”. Alors que ça l’est ÉNORMÉMENT ! Et pour le coup, sorry les mecs, mais en particulier pour nous les meufs… Bref, j’en ai à nouveau entendu parler il y a peu de temps, et je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée de sensibiliser à cette pratique pour le moins révoltante.  

Qu’est-ce que le “stealthing” ? 

Ce mot anglais signifie en français “furtivement”. Il est utilisé pour décrire le fait de retirer le préservatif lors du rapport sexuel, de façon furtive donc, sans en avertir son ou sa partenaire. 

Ne pas en avertir le ou la partenaire implique donc que l’on n’ait pas recueilli son consentement. Et, pour les deux du fond, je rappelle que pour toute pratique sexuelle et/ou amoureuse, le consentement est LA BASE DE TOUT. S’il n’y a pas consentement, il n’y a ni relation ni rapport sexuel. On se met ça bien en tête et on tâche de ne jamais l’oublier ! 

Quelles peuvent être les conséquences du stealthing ? 

Que l’on soit hétéro ou homo, la pratique du stealthing peut avoir de lourdes conséquences. 

La première, qui touche toutes les victimes de cette pratique immonde, est bien évidemment psychologique. Bah oui, parce que vous rendre compte que votre partenaire vous a trompé sur l’acte, forcément ça laisse des traces un certain temps. Après avoir lu plusieurs témoignages, on se rend bien compte que toutes ces victimes se sentent trahies, salies, certaines disant même qu’elles avaient l’impression que leur corps ne leur appartenait plus, que l’on avait décidé pour elle. La plupart expliquent avoir mis du temps à s’en remettre, à pouvoir faire confiance à nouveau sans être obligé(e) de vérifier sans cesse que l’autre a toujours le préservatif bien en place.  

La deuxième, et là évidemment cela ne concerne que les femmes, c’est le risque de grossesse non désirée. Et oui, toutes les femmes ne prennent pas la pilule, ou n’ont pas un stérilet ou un implant ou que sais-je d’autre encore. Bref, la contraception n’est pas uniquement une affaire de femme, et encore moins une obligation pour ces dernières. Il ne faut pas oublier que toutes les contraceptions féminines ont des effets secondaires, et que les femmes sont donc libres de décider si elles veulent ou non supporter ces effets. Certaines décident que non, et demandent à leur partenaire en condition sine qua none de porter un préservatif. Donc, revenons-en à la grossesse. Si la femme ne prend pas de contraception et que l’homme ne met pas de préservatif, pif paf pouf il y a quand même de gros risques que celle-ci se retrouve avec un polichinelle dans le tiroir et, ça, ça ne fait pas toujours autant plaisir qu’on le croit. En même temps, qui aurait envie d’élever un enfant non désiré conçu avec un coup d’un soir qui n’en a fait qu’à sa tête, sans rien dire, en enlevant la capote et qui, vu comme c’est parti, ne sera certainement pas présent pour la grossesse et la naissance, et l’éducation, et tout le tralala, hein, qui aurait envie de ça ? Très, très peu de femmes, je vous assure. Alors oui, l’avortement existe et heureusement, mais l’avortement n’est pas un moyen de contraception en soi, et cet acte est infiniment douloureux, traumatisant, culpabilisant pour toutes celles qui y ont recours. Aucune femme n’a envie de devoir en passer par là un jour. 

Enfin, on le sait aujourd’hui que le préservatif est le seul moyen de protection contre les IST (infections sexuellement transmissibles). C’est généralement une des premières raisons pour lesquelles on met un préservatif : ne pas attraper une vilaine maladie qu’on risque de se coltiner à vie. Oui, parce que pour rappel nous n’avons toujours pas de traitement magique à grande échelle pour guérir du SIDA par exemple. Même si la médecine et la recherche font d’énormes progrès, je vous assure que ça ne vaut pas le coup de prendre le risque. On parle tout de suite du SIDA parce que c’est la plus connue, et celle qui fait le plus peur, mais il y en a tout un tas d’autres qui sont peut-être moins mortelles mais pas moins contraignantes et sans danger pour autant ! 

Que dit la justice française sur la stealthing ? 

Et bien… Pas grand-chose. En effet, ce sujet laisse place à un vide juridique dans la législation française, il n’y a pas de jurisprudence à ce sujet pour le moment puisqu’il n’y avait encore pas eu de plainte. Si certains pays, comme la Suisse, apparente cet acte à un viol, rien n’est dit sur le sujet en France, du moins pour le moment. 

Dans le code pénal français, le consentement n’est pas clairement évoqué pour le viol, qui est défini comme suit : “tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise”. Pour apparenter le stealthing à un viol, il faudrait donc le catégoriser comme un viol par surprise du fait qu’il n’y a pas violence, contrainte ou menace puisque le rapport de base est consenti, et que c’est uniquement la condition du port du préservatif qui n’est pas respectée. Il faut savoir que la notion de la surprise dans le sens du droit (si j’ai tout bien compris) n’est pas un étonnement, mais un subterfuge ayant pour but d’induire en erreur la victime, de sorte qu’elle ne peut donner son consentement en toute connaissance de cause. 

Nous nous heurtons donc là à un premier problème : celui de la législation. Quand bien même celui-ci serait résolu, un autre se pose : comment prouver que l’on a été victime de stealthing ? 

En effet, il faut que la victime soit en capacité de prouver qu’elle a donné son consentement pour le rapport sexuel sous condition non-négociable du port du préservatif. Partant du principe que très très peu de personnes, voire pas du tout, font signer une espèce de contrat aux personnes avec qui elles couchent dans lequel les conditions de ce rapport serait mises noir sur blanc, cette première étape est difficile à prouver.  

Imaginons que ce soit le cas, que la victime ait une preuve explicite de cela, il faut ensuite réussir à prouver que son partenaire a bien retiré le préservatif sans l’en informer, et donc sans avoir obtenu son accord. Là encore, à moins de filmer chacun de ses rapports sexuels, cela paraît difficile d’avoir une preuve irréfutable de cela. Il y a donc de grandes probabilités pour que ce soit la parole de la victime contre la parole de l’auteur. Pas évident, vous en conviendrez. 

Voilà ce que l’on peut dire aujourd’hui sur cette pratique abjecte. Si vous en êtes victime, n’hésitez pas à vous faire entendre, car tout ce qui vous est fait sans votre consentement n’est pas normal. Et si vous avez plus d’infos à ce sujet, notamment sur la législation, n’hésitez pas à les donner dans les commentaires ! 

8 commentaires sur « QU’EST-CE QUE LE STEALTHING ? »

  1. Je ne connaissais absolument pas cette pratique dégueulasse (il faut employer les bons mots) et je n’en vois absolument pas l’intérêt, si ce n’est peut-être pour le partenaire maculin d’avoir « plus de sensation »… Je suis désolée pour toi que tu en aies été victime et je trouve que ton article est super car il permet d’éduquer sur ce sujet trop peu méconnu (et tabou je présume)

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour, je ne connaissais pas le terme mais il y a eu une grosse polémique sur un film qui doit sortir et dont le sujet est celui ci. L’actrice tombe enceinte suite au retrait du préservatif de son conjoint sans l’accord de celle ci. Il faudrait que je retrouve le nom de la réalisatrice… Elle s’est fait pourrir sur un plateau de télé et il semblerait qu’il n’y ait pas un vide juridique car la journaliste rappelait les peines encourues.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour, je n’étais pas au courant de ça, je vais me renseigner merci pour l’info !
      En ce qui concerne le vide juridique, pour la législation française en tout cas je n’ai rien trouvé à ce sujet précisément, mais si tu as des infos je suis preneuse !

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